J'ai toujours donné, depuis le premier souffle de plaisir qu'on insuffla à mes lèvres, j'ai toujours été l'active, l'amante, l'objet, celle qui amène à la jouissance et qui se débrouille toute seule ensuite. Je tirais mon plaisir de l'odeur des fantasmes, cette odeur inqualifiable des danseuses harassées, ce mélange de sang, de sueur et de sexe qui me faisait tourner la tête. Quand j'aimais, je donnais l'ardeur et je prenait l'odeur, l'âme, je me nourrissais de beauté éternelle D'autant plus éternelle qu'après leur passage dans mes bras, mes splendides victimes étaient toujours aussi belles. Telles des fleurs immortelles, je pouvais les respirer sans les faner.
Et pourtant, comme je l'aurais voulu ! On appelait fascination les regards exaltés que je leurs lançaient, quand le mot juste aurait été gourmandise. Je voulais non pas les respirer, comme je m'en contentais, mais les dévorer, me nourrir de leur beauté jusqu'à être enfin rassasié de plaisir, et cela n'arrivais jamais. Je ne désirais qu'être la dernière récipiendaire de leur âme, et je n'étais qu'une amante de passage.
Pour me venger, je traversais de plus en plus de corps, sans parvenir à rien. Je n'étais pas une ma mangeuse de femme.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire