Sur tes lèvres, je me suis brulée, Doux rêves, à tes braises attisées,
Dans ta bouche, j’ai pour nom vengeance, Le désir nait de ma déchéance.
Dans ta bouche, j’ai pour nom vengeance, Le désir nait de ma déchéance.
Éclats de boue sur tes jambes. Éclaboussures de pluie métal froide. La poussière est âcre dans tes sinus, épaisse, humide. Tes talons sont fichés dans le sol devenu marécage, l’eau goutte du bas de ta jupe sur tes escarpins rouges. Tu dégoulines. Des frissons à gouttelettes dégringolent dans ta nuque. Ma vénéneuse, ton poisson acide est dissout dans des larmes grises.
Ton corps se trempe, tes flammes sont noyées par le torrent du ciel. Tu n’est pas femme à te battre contre un ennemi si peu visible, aussi te contente tu d’injurier la pluie, tes yeux incolore tournés vers le sol impavide, oui, ton regard gris dans le ciel gris, pupilles noyées, cils battant à se rompre. Que n’ai-je pas donné pour assister à ce combat ! Toi flamme parmi les femmes, sous le déluge qui défait ton visage, colle tes vêtements à ta peau, détrempe et lisse les ondulations de ta chevelure, te redonne, enfin, ta forme originelle. A courbe de ta bouche semble dire; viens là, abats-toi sur moi, c’est inutile et tu le sais, je ne tomberais pas, tu peux bien me noyer, me détremper jusqu’à me remplir, ça ne suffira pas, je me tiendrais droite et je te regarderais.

