Ma douce rebelle pacifique, qui ne sait même pas pourquoi elle va en cours...Petite fioriture, petite pourriture, sac sanglé sans trêve sur le mur de ton dos, cheveux au vent sur ton vélo, ma douce petite rêveuse qui veut changer le monde et qui rate ses métros.
Toi qui met des mots pour combler tes vides, comme des milliers d'autres avant toi, phrases passerelles sur les gouffres qui te constituent, tue, tu, toi, lui, elle, cases séparées comme autant de sinécures avouées.
Un grand homme noir, habillé d'une tache de ciel bleu roi, tache de peinture ou de sulfure, crêve cœur au temps ancien, de ton royaume ou poudroie l'or des fresques, ta robe fait tache dans le décor, pantoufles à carreaux, éternités colorés à la gouache, bradés au mangeurs de chair humide, danse de la pluie façon Damart, grand homme noir.
Tel Thétis plongeant Achille dans les eaux du styx, elle l'attrapa par le cœur et la plongea dans ses eaux. En un instant, Cécilia fut submergée, noyée dans l'odeur citron sucré chocolat anonyme qui se dégageait d'Alice. Des mois durant, ce fut son oxygène. Partout ou Alice allait, Cécilia la suivait comme son ombre, le nez dans ses cheveux, ne vivant que par elle, ne respirait que par elle. Amoureuse à la folie, comme tout les amours à 16ans.
Et lorsque enfin ce fut fini
j'ai vue une siréne dans l'eau du Rhône. Elle nageait contre le courant, sans bouger de sa place. Ses cheveux était du bleu électrique des sacs en plastiques, sa colonne dorsale était un bambou, son corps d'eau ondoyante, et elle avalait des branches par le milieu. Les feuilles et les déchets faisaient des motifs sur sa robe.
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